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Buson

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"Vers la fin de sa vie. Buson a abandonné totalement la peinture, pour se consacrer exclusivement à la poésie. Il enseignait à ses élèves la nécessité d'étudier respectueusement les oeuvres du passé pour en dégager les idéaux des grands maîtres. Pour lui, il n'était de vraie poésie que dans une symbiose harmonieuse avec le monde - un monde appréhendé dans une constante égalité d'humeur permettant de composer les haïku dans cette disposition particulière de l'esprit, proche de la dévotion esthétique, qui leur donne,  par-delà leur apparente banalité, leur vrai sens. Pour Buson, le poète ne peut atteindre le lyrisme qu'à partir d'une sensibilité authentique liée à ce calme et profond sentiment de la fugacité du temps. (...) ces trois vers ne deviendront poésie en soi que sous l'impulsion de Bashô: le haïku, par sa simplicité même, par la vacuité qu'il ouvre dans la matière du monde, débouche sur un instant de lumière qui prélude à l'éveil. Le vid…

Réflexion

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Ryôkan

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La Rosée d'un lotus
RYÔKAN et TeishinMême étourdiment
ne fais plus mal à personne
singe que tu es
tu n'en subirait pas moins
la conséquence des actes En ces monts boisés
j'assemblerai des rondins
ainsi la vieillesse
annoncée rencontrera
sur sa route une barrière Il faudrait alors savoir dégager l'esprit mais point de remède Dedans les pensers contrairesoù s'entretient le désordre 
Avoir longue vie tel fut certes mon souhait Qu'à ce point le monde finirait par changer voilà ce que j'ignorais 
Ainsi retiré du monde   ce qu'il m'en semble Dans l'immensité la pluie est là pour qu'il pleuve le vent est là pour qu'il vente


(Avertissement)
"Ryôkan utilise ici trois formes en usage dans l'ancienne poésie purement japonaise (uta)
- Le quintil (waka) de 31 syllabes, en 5 vers combinés selon la formule 5-7-5-7-7
- Le sizain (sedôka), de 38 syllabes, en 6 vers combinés selon la formule 5-7-7-5-7-7
- L'ode (nagauta/chôka) "poé…

Zone - Guillaume Apollinaire

ZoneGuillaume ApollinaireÀ la fin tu es las de ce monde ancienBergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matinTu en as assez de vivre dans l’antiquité grecque et romaineIci même les automobiles ont l’air d’être anciennes
La religion seule est restée toute neuve la religion
Est restée simple comme les hangars de Port-AviationSeul en Europe tu n’es pas antique ô Christianisme
L’Européen le plus moderne c’est vous Pape Pie X
Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
D’entrer dans une église et de t’y confesser ce matin
Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
[ 8 ]Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d’aventures policières
Portraits des grands hommes et mille titres diversJ’ai vu ce matin une jolie rue dont j’ai oublié le nom
Neuve et propre du soleil elle était le clairon
Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes
Du lundi matin au samedi soir qua…

Tanikawa - L'ignare

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Je ne sais pourquoi... Verlaine

"Je ne sais pourquoi
Mon esprit amer
D’une aile inquiète et folle vole sur la mer.
Tout ce qui m’est cher,
D’une aile d’effroi
Mon amour le couve au ras des flots.
Pourquoi, pourquoi?Mouette à l’essor mélancolique,
Elle suit la vague, ma pensée,
A tous les vents du ciel balancée,
Et biaisant quand la marée oblique,
Mouette à l’essor mélancolique.Ivre de soleil
Et de liberté,
Un instinct la guide à travers cette immensité.
La brise d’été
Sur le flot vermeil
Doucement la porte en un tiède demi-sommeil.Parfois si tristement elle crie
Qu’elle alarme au loin le pilote,
Puis au gré du vent se livre et flotte
Et plonge, et l’aile toute meurtrie
Revole, et puis si tristement crie!Je ne sais pourquoi
Mon esprit amer
D’une aile inquiète et folle vole sur la mer.
Tout ce qui m’est cher,
D’une aile d’effroi
Mon amour le couve au ras des flots.
Pourquoi, pourquoi?"Paul Verlaine in Sagesse http://www.poesie-francaise.fr/paul-verlaine-sagesse/

BASHO

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Sarumino

Livre I - Hiver
Livre II -  Eté
Livre III - Automne
Livre IV - Printemps
Livre V
 Première averse
 Lune d'été
 Du seau à lessive
 Prunier jeunes herbes
Livre VI
 Notes de la demeure d'illusion
 Inspiré par les notes
 Le journal de l'accoudoir
Postface de Jôsô


 (Introduction René Sieffert)

(...) il (Bashô) insistera tout particulièrement sur trois qualités que doit comporter la poésie : sabi, la "patine", karumi, la "légèreté" (l'absence de lourdeur), kokkei, le "cocasse" [cf à ce sujet: Notes de Koyraï et les Trois livres de Tohô ] Rappelons seulement que le sabi est l'émotion que suscite la constatation, que l'on peut faire à chaque instant, que le temps dégrade tout ce qui nous entoure, et singulièrement tout ce qui vit, l'arbre comme la fleur, l'homme aussi bien que la cigale. L'essence du sentiment esthétique, le principe même de l'art est là, dans cette fragilité,…

Haïku

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Le haïku : mode d'emploiApprendre
Le comptage des syllabes Formellement, le haïku est une poésie composée de trois vers de respectivement 5, 7 et 5 syllabes.
En japonais... Mais en japonais, il s'agit plutôt de temps.Une syllabe peut être longue ou brève. On compte plutôt en mores (onjii en japonais), dont la durée est équivalente à une voyelle brève. 
Par exemple Tokyo est composé de deux syllabes to-kyo, l'une et l'autre longue et donc quatre mores to-o-kyo-o.
une voyelle brève compte pour une more.une voyelle longue pour deux moresune consonne géminée vaut une morela nasale n en clôture de syllabe compte pour une moreLa raison des 17 temps est liée à la durée de l'élocution. Un haïku doit pouvoir être lu, à haute voix, en une seule respiration.
Dans les autres langages, la transposition est difficile. L'anglais est plus concis, le français et l'allemand, plus long encore.

La règle des 17 syllabes en 5-7-5 n'est pas un…

Le Tanka

Modernité du tanka :
La modernité s’exprime sur le fond (le choix de sujets contemporains) mais aussi sur la forme, en développant le principe du shasei (le croquis sur le vif). Quant à la forme, elle reste un poème bref, fixe, de 31 syllabes, ou sons.4

Principes du tanka
Hisayoshi Nagashima, co-fondateur de la Revue du tanka international, créée en octobre 1953 avec Jehanne Grandjean, écrivait ceci à propos du tanka : " Le mot Tanka signifie poème court. Il se compose de 5 vers alternés de 5, 7, 5, 7, 7 syllabes, soit un tout de 31 syllabes. Ceci est sa particularité… Autrement dit cette forme est faite pour exprimer ce sentiment momentané mais qui peut être profond, philosophique ou douloureux…. Les mots qui le composent doivent être musicaux… "
Et pour accéder à l’écriture du tanka, nous nous réfèrerons à Fujiwara no Teika (1162 – 1241) qui prônait la réintroduction du lyrisme dans la poésie. Selon lui,…

Comédie ~ Gabrielle Burel

Comédie psychédélique
Depuis quand êtes-vous triste
Demande-t-il stylo en appel
Depuis longtemps déjà

Depuis que les mouettes
Stoppent leur vol sur la décharge
Depuis que l’aimé meurt sans mot dire
Depuis que les pilules bâillonnent les passions
Depuis que les fleurs ne sentent plus
Depuis que les heures sont comptées
Depuis que les hommes se noient sans maudire
Depuis que la nature a perdu sa voix
Depuis que le bonheur est en apnée

Depuis toujours bien sûr
Pourquoi 

Gabrielle Burel
11/01/2018

Le chat l'Ankou et le Maori - Michel Rio

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Un très joli conte :-) tombé dans mon soulier (verni)

  « Jules Joseph Chamsou était un chat à quatorze rayures et trois prénoms, de la famille féline Tabby (son état civil complet était donc Jules Joseph Chamsou Tabby), pas mal du tout de sa personne. En d’autres termes, c’était un très beau grand fort chat. » M. R. Renouant avec l’art du conte, Michel Rio nous entraîne aujourd’hui sur les traces du chat qui, lassé de sa crêperie, décide d’aller voir si tous les lieux se valent. Au gré de ses tribulations sur les chemins de sa Bretagne natale, Jules Joseph Chamsou comprend bien vite que, livré à lui-même, il ne lui sera pas si facile de trouver sa pitance. Mais sa malice et son audace raisonneuse le tireront de bien des mauvais pas, et il nouera même quelques amitiés, notamment avec les korrigans de la lande, à qui il chantera un branle.
Répondant au charme et à la verve du conte, les dessins de Marie Belorgey, par leur précision et leur mystère conjugués, invitent le l…

Gabrielle blog ou la plume de G

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La plume de G

Je sais qui je suis
D'où je viens
Où je vais
Je sais surtout
Que je n'ai rien demandé
Sinon où était la sortie
De ce cinéma
Désenchanté

Gabrielle Burel
So long 01/18

Gommage ~ Gabrielle Burel

Gommage
Mémoire en rade
Des notes collantes
Un peu partout
De questions techniques sans réponse
Aux réponses absurdes sans question

Je m'oublie

Sur le quai d'une gare
Sous l'abri-bus
Au fond d'un bistrot
Comme on laisse son journal sur la banquette

Je me perds

Sur le trottoir
Dans le square
Sans idée ou rêve
Ni le caniveau ni le ciel
N'indiquent de chemin

Je ne te connais plus

Mon étoile noircie
Amorce la descente filante
Faites un vœu
Amoureux
De la dernière étincelle


Gabrielle Burel
9/1/18

L'arbre des amis - Borges

L'Arbre des Amis

Il existe des personnes qui nous rendent heureux dans la vie, par le simple hasard de les avoir rencontrées sur notre chemin. Quelques-unes parcourent le chemin en entier à nos côtés, et voient passer beaucoup de lunes, mais il en est d'autres que nous voyons à peine, d'un pas à l'autre. Toutes, nous les appelons amies, et il en est plusieurs sortes.
Chaque feuille d'un arbre pourrait caractériser un de nos amis. Les premiers à éclore du bourgeon sont notre papa et notre maman qui nous enseignent ce qu'est la vie. Ensuite, viennent les amis frères, avec lesquels nous partageons notre espace pour qu'ils puissent fleurir comme nous.
Nous en arrivons à connaître toute la famille des feuilles, nous la respectons et lui souhaitons du bien.
Mais le destin nous présente d'autres amis, ceux dont nous ne savions pas qu'ils allaient croiser notre chemin. Parmi ceux-là, il y en a beaucoup que nous appelons amis de l'âme, du coe…

Le bruit des cabarets, la fange du trottoir - Verlaine

Le bruit des cabarets, la fange du trottoir,
Les platanes déchus s'effeuillant dans l'air noir,
L'omnibus, ouragan de ferraille et de boues,
Qui grince, mal assis entre ses quatre roues,
Et roule ses yeux verts et rouges lentement,
Les ouvriers allant au club, tout en fumant
Leur brûle-gueule au nez des agents de police,
Toits qui dégouttent, murs suintants, pavé qui glisse,
Bitume défoncé, ruisseaux comblant l'égout,
Voilà ma route — avec le paradis au bout.

Paul Verlaine. 

http://www.poesie-francaise.fr/paul-verlaine-la-bonne-chanson/